L’INFRA-ROUGE A TRANSFORMEE DE FOURRIER OU IRTF

L’Infra-Rouge à Transformée de Fourrier est une méthode d’analyse par spectroscopie qui est utilisée dans la plupart des laboratoires oenologiques.

Qu’est-ce que l’IRTF ou infra-rouge à transformée de Fourrier ?

L’Infra-Rouge à Transformée de Fourrier est une méthode d’analyse par spectroscopie, qui est apparue dans l’industrie laitière dès la fin des années 1980. Les techniques d’analyses par Infra-Rouge à Transformée de Fourrier ont fait leurs premiers pas en oenologie vers l’an 2000

Quel est le principe de l’IRTF ?

Le principe de l’IRTF repose sur une mesure spectrale dans le moyen Infra-Rouge, c’est à dire dans la zone 1000 à 10 000 cm -1.

L’acquisition du spectre moyen Infra-Rouge est réalisée en quelques secondes. Des outils mathématiques permettent d’analyser ce spectre de manière qualitative et quantitative, en appliquant des modèles obtenus avec des données de base, introduites au cours d’une phase d’apprentissage du système.

Pourquoi la calibration de l’appareil est-elle aussi importante ?

Le spectre moyen infra-rouge contient une très grande complexité d’information, liée notamment à la composition très riche du moût, et au fait que les zones d’absorption de chaque molécule soient multiples. Il est ainsi impossible d’appliquer des connaissances théoriques sur l’absorption spécifique de tel ou tel composé. Le spectre IRTF identifie les différentes liaisons chimiques des composés organiques, et non une molécule spécifique. L’interprétation du spectre repose sur une approche purement mathématique et statistique. Il est ainsi crucial de calibrer la machine en multipliant l’acquisition de spectres d’un maximum d’échantillons. Il est impossible de travailler en oenologie avec des calibrages couvrant toutes les matrices. On regroupe les vins et les moûts en 5 matrices fondamentales :

  • les moûts non fermentés
  • les moûts en fermentation
  • les vins secs ou faiblement sucrés
  • les vis doux naturels
  • les vins liquoreux

Le système étant incapable d’extrapoler, l’échantillonnage initial doit donc s’attacher à couvrir au mieux le domaine d’analyse revendiqué, au risque de montrer des déficiences, dans le cas contraire, dans les zones moins riches.

Calibration et Recalage, quelles différences ?

La calibration correspond à la modélisation mathématique des spectres de base par rapport à des analyses de référence. Elle définit les zones spectrales à utiliser et les techniques de modélisation à mettre en oeuvre. Un modèle de calibration est fourni par le constructeur de l’appareil pour chaque paramètre analytique. Le recalage, lui, est réalisé régulièrement par l’utilisateur de l’appareil. Il est destiné à corriger la calibration initiale des variations liées à l’évolution permanente du matériel (salissure de la cellule de mesure, vieillissement de l’électronique…). Le recalage consiste à réaliser des acquisitions de spectre et des analyses de références. Pour cela, il est nécessaire d’analyser des échantillons couvrant la gamme de valeur la plus large possible

Quels sont les avantages et les points forts de l’IRTF en oenologie ?

  • pas besoin de consommables et cadence très élevée (30 secondes par échantillon)
  • liste importante de mesures réalisées simultanément (dont par exemple : degré alcoolique, Acidité totale, pH, Acidité Volatile, Sucres, Acide malique….)
  • possibilité de coupler cette mesure Infra-rouge à une mesure des densités optiques (DO 280, 420 ,520,620 nm)
  • selon les fabricants, possibilité de créer de nouveaux étalonnages spécifiques

Quelles sont les limites de l’IRTF ?

Cette méthode appliquée dans le monde entier en œnologie a suscité beaucoup de polémiques : le recalage doit être réalisé avec soin, et des contrôles de qualité des résultats doivent être réalisés fréquemment, en utilisant des méthodes de dosage classiques de référence. Dans les caves coopératives, l’utilisation de l’IRTF a voulu être étendue au contrôle des apports de raisin en poste avancé. Ceci s’est souvent traduit par un échec car les questionnements et les problèmes techniques sont nombreux. Cet aspect a été abordé lors du colloque sur l’innovation en Viticulture et Œnologie, organisé par l’IFV Sud-Ouest en 2005.

Quelles études menées par l’IFV Sud-ouest ?

Pendant 4 ans, une étude menée par l’IFV Sud-Ouest, en partenariat avec le Syndicat des Côtes de Gascogne et la société Ondalys, a cherché à prédire l’aptitude d’un moût de Colombard à produire des vins aromatiques typés thiols. Au cours de ce travail, soutenu par FranceAgrimer dans le cadre du Contrat de Plan Etat Région, des spectres infra-rouges de 212 échantillons de raisins de Colombard ont été analysés. Prélevés aux quais de réception de plusieurs caves coopératives gersoises, des lots de 60 kg de matière première ont été vinifiés en conditions contrôlées dans le chai expérimental de l’IFV Sud-Ouest au Domaine de Mons. Ils ont ensuite été dégustés par un jury de professionnels gersois. Les vins ont ainsi été classés en deux catégories en fonction de leur intensité aromatique de type «thiols» (de faible à forte). Grâce à ces résultats et à la mise en relation des données spectrales et la classification sensorielle réalisée, la société Ondalys spécialisée dans l’analyse chimiométrique, a pu construire un modèle d’estimation de la qualité aromatique des vins. Pendant les vendanges 2012, ce modèle va être validé en site industriel par le groupe CVG à travers ses caves de Vic-Fezensac, Panjas et Cazaubon.

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