LES FONDAMENTAUX DE LA VITICULTURE

Intérêt du palissage de la vigne

12 Mai 2026

Par Alain Deloire, Professeur retraité de Viticulture, Institut Agro-Montpellier et Anne Pellegrino, Institut Agro-Montpellier

Un exemple, venu du XIXᵉ siècle, de réflexion sur l’intérêt du palissage de la vigne

Je cite l’auteur — en ajoutant quelques commentaires pour faciliter la lecture contemporaine :

« Dans les riches vignobles du Médoc, on donne aux ceps la disposition indiquée par la figure 1. Le cep, après s’être élevé sur un tronc vertical d’environ 15 cm de hauteur, se divise en deux bras inclinés à 45°, longs chacun d’environ 40 cm et portant chaque année, à leur extrémité, le sarment destiné à la fructification.
Ces deux sarments, arqués vers le haut, sont attachés sur une traverse continue fixée à 40 cm du sol. »

(Comprendre ici : des piquets et traverses en bois.)

« Nous conseillons toutefois d’établir une seconde traverse à 40 cm de la première (figure 2), afin d’y fixer les bourgeons en croissance, au lieu de les coucher sur la traverse du bas (figure 1). Cette disposition prive en effet un grand nombre de grappes de l’action du soleil, en les enveloppant dans les feuilles. »

Autrement dit : une intuition très précoce de ce que nous appelons aujourd’hui le microclimat des grappes.

L’auteur précise également :

« Les deux bras qui partagent chaque cep doivent présenter le même degré de vigueur, sous peine de voir bientôt le plus faible anéanti par le plus fort. »

Il ajoute encore qu’il convient, pour mieux répartir la vigueur et assurer une continuité foliaire, d’ajouter au centre du cep des sarments complémentaires (figure 2, flèches rouges).

Enfin, pour les vignes faibles, l’auteur conseille de supprimer l’un des bras, comme le montre la figure 3.

Le raisonnement consistant à adapter la charge à la vigueur du cep ne date donc pas d’aujourd’hui…

Au fond, nous ne faisons souvent que redécouvrir — et adapter avec les moyens modernes — des pratiques et des observations anciennes.

 

Figure 1, 2 et 3 :
(1) Taille en Guyot double de type médocain
(2) Introduction du palissage de la vigne et continuité de la haie foliaire ;
(3) Guyot simple : adaptation du Guyot à la vigueur du cep

Source : Du Breuil A., 1863. Culture perfectionnée et moins couteuse du vignoble, Editions Victor Masson et fils, Paris.