FICHES PRATIQUES EN VITICULTURE
L’ESCA
Quels sont les symptômes de l’Esca ?
Symptômes sur feuilles
Les symptômes de la tigrure des feuilles caractérisant la forme lente de l’esca apparaissent autour de la véraison et se manifestent régulièrement durant toute la période végétative. Ils touchent soit toute la plante, soit un seul bras, ou encore quelques rameaux. Ce sont les feuilles de la partie inférieure qui sont touchées les premières. Il convient de noter l’extrême variabilité de l’expression des symptômes d’une année sur l’autre. En effet, un pied malade une année peut très bien, l’année suivante, apparaître sain.
Chez les cépages blancs, les symptômes foliaires sont caractérisés par la présence de petites taches de couleur jaune, plutôt laiteuses, à la surface du limbe, et de taches nécrotiques délimitées par un liseré de couleur jaune laiteux, le plus souvent en bordure de la feuille. A des stades plus avancés, les nécroses sont plus importantes, ne laissant qu’une bande verte le long des nervures principales, ce qui donne un aspect tigré à la feuille. Chez les cépages noirs, les mêmes symptômes sont observés à la différence que des taches rouge clair sont également présentes à la surface du limbe. Elles cernent aussi toutes les zones nécrotiques et sont séparées des tissus verts par un liseré de couleur jaune laiteux.
Symptômes sur fruits
Les symptômes sur fruits se traduisent soit par un retard dans leur maturation, soit par leur flétrissement. Les fruits peuvent aussi présenter des taches brun violacées à leur surface. Ces symptômes sont en association ou non aux symptômes foliaires. Ce faciès, appelé Black Measles, est observé en France, plus particulièrement en Alsace.
Quelles différences avec le BDA ?
- La date d’apparition des symptômes : les premiers symptômes apparaissent à partir de la floraison pour le Black dead arm alors que pour l’esca, ils n’apparaissent qu’autour de la véraison.
- L’intensité des couleurs des taches sur les feuilles : pour les cépages blancs, le jaune est vif pour le BDA alors que pour l’’esca il est plutôt blanc. Pour les cépages noirs, il n’y a pas de jaunissement sur les feuilles et le rouge est beaucoup plus foncé. Cette distinction est difficile à effectuer à partir de la véraison en raison de l’éclaircissement des tissus. Le rouge vineux devient rouge clair et le vert prend une teinte jaune clair.
Concernant la forme apoplectique, il n’est pas possible de les distinguer sans couper les ceps. Cette forme d’expression est non spécifique à une maladie.
Qu’est-ce que la forme dite apoplectique de l’Esca ?
Quels sont les symptômes caractéristiques de l’Esca au niveau du bois ?
Quels sont les champignons associés à l’Esca ?
- Phaeomoniella chlamydospora et Phaeoacremonium minimum, se développant dans une nécrose brune en position centrale,
- Eutypa lata (agent de l’eutypiose) responsable de la nécrose brune en position sectorielle,
- et des champignons Basidiomycètes dont le plus souvent rencontré en France est Fomitiporia mediterranea. Ces champignons colonisent les nécroses provoquées par les champignons cités ci-dessus.
La conservation des champignons se fait sur ceps malades ou morts, mais d’autres espèces ligneuses peuvent abriter ces champignons. La dissémination des spores de Phaeoacremonium minimum semble s’effectuer pendant la période végétative, alors que celle de Phaeomoniella chlamydospora et d’Eutypa lata s’effectue toute l’année. La contamination se fait notamment via les plaies de taille lors de périodes douces et pluvieuses.
Quelle méthode de lutte chimique ou biologique contre l’Esca ?
A ce jour, il n’existe pas de méthode de lutte chimique validée au vignoble. Le seul produit homologué était l’arsénite de sodium. Il a été interdit depuis novembre 2001, en raison de ses effets toxiques sur la santé humaine. Une étude réalisée par la MSA en 2000, avait montré que les protections utilisées n’étaient pas suffisantes pour assurer une bonne protection des utilisateurs.
En lutte biologique, deux produits à base de Trichoderma ont été homologués pour l’esca/BDA en protection des plaies de taille (Esquive de chez Agrauxine, Vintec de chez Belchim). Les produits de protection à usages généraux sont également utilisables
Quelles méthodes de lutte prophylactique contre l’Esca ?
- Ne pas effectuer de rendements importants les premières années dans le cas de nouvelles plantations. Des rendements trop conséquents peuvent être très préjudiciables pour leur pérennité et favoriser l’apparition de symptômes précoces.
- Maîtriser la vigueur en adaptant la conduite de la vigne et la fertilisation. Une vigueur trop importante est un facteur favorable à l’expression de la maladie. Dans le cas de nouvelles plantations, il faut raisonner au mieux le choix du porte-greffe et soigner le plantier pour limiter les excès de vigueur.
- Eviter les charges excessives. Une vigne trop productrice est de manière générale plus sensible à la maladie.
- Enlever les souches mortes de la parcelle.
- Restaurer les pieds malades (recépage, regreffage, curetage).
L’Esca peut-elle se transmettre par les outils de taille ?
Quelle est l’importance des champignons responsables de l’Esca en pépinières ?
- qu’aucune modification du statut sanitaire des plants ne peut être espérée par la mise en œuvre de mesures de sélection, même drastiques, des boutures, greffons et porte-greffes. Le déclassement éventuel d’une parcelle pour la production de matériel végétal en raison de ses taux élevés de mortalité ou de maladie ne semble pas nécessaire. Il ne paraît pas utile non plus de marquer les ceps malades pour éviter de prélever les greffons selon ces études car les champignons sont autant trouvés sur les sarments malades ou non.
- que la production de plants totalement exempts de champignons pathogènes ne serait vraisemblablement pas non plus significativement efficace dans la lutte contre ces maladies, étant donné les contaminations très rapides constatées sur le matériel. Les champignons proviendraient de parcelles avoisinantes ou d’autres plantes hôtes, il est connu que les champignons associés aux maladies du bois sont rencontrés chez un grand nombre de plantes ligneuses.
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POUR EN SAVOIR PLUS
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- Actes de colloque consacrés aux maladies du bois en janvier 2018
- Compte-rendu des journées maladies du bois 2018




Philippe Larignon